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Nos grands-parents avaient souvent une manière très imagée de raconter le quotidien. Une personne trop agitée devait « filer doux », quelqu’un qui se trompait « avait la berlue » et les amateurs de sorties pouvaient « courir la prétentaine ».

Certaines de ces formules ont presque disparu des conversations. D’autres restent comprises, mais sont progressivement remplacées par un vocabulaire plus moderne. Retour sur quelques expressions qui rappellent immédiatement une époque, une région ou une voix familière.

« Filer doux »

Cette expression ne signifie pas seulement rester calme. Elle désigne plutôt le fait de se montrer docile, de ne pas résister ou de faire profil bas devant une personne que l’on craint. On pouvait ainsi prévenir un enfant turbulent qu’il avait intérêt à « filer doux ».

« Avoir la berlue »

Dire à quelqu’un qu’il « avait la berlue » revenait à lui faire remarquer qu’il voyait mal les choses, qu’il se trompait ou qu’il croyait percevoir quelque chose qui n’existait pas.

L’expression peut encore être rencontrée aujourd’hui, mais elle possède désormais une tonalité vieillie ou humoristique.

« Courir la prétentaine »

Cette formule ancienne évoque le fait d’aller de-ci, de-là, de multiplier les escapades ou de rechercher des aventures galantes.

Elle pouvait être utilisée avec amusement, mais aussi avec une pointe de reproche, pour parler d’une personne souvent absente ou particulièrement volage.

« Faire la java »

« Faire la java » signifiait faire la fête et s’amuser bruyamment. Le mot désignait à l’origine une danse populaire associée aux bals musettes.

L’expression reste largement compréhensible, même si l’on dit aujourd’hui plus volontiers « sortir » ou simplement « faire la fête ».

« Ça tombe comme à Gravelotte »

Cette comparaison renvoie à la bataille de Gravelotte, en 1870, marquée par de très nombreuses pertes. Dans le langage familier, elle a notamment servi à décrire une pluie particulièrement forte : les gouttes « tombent comme à Gravelotte ».

Son origine historique est aujourd’hui souvent méconnue.

« Avoir du pain sur la planche »

Contrairement à d’autres expressions de cette liste, celle-ci n’a pas disparu. Elle signifie avoir une lourde tâche ou beaucoup de travail devant soi.

Elle montre que certaines formules traversent les générations, même lorsqu’elles côtoient des expressions plus récentes comme « avoir beaucoup de boulot ».

Pourquoi certaines expressions disparaissent-elles ?

La langue évolue naturellement avec les générations. Les nouvelles technologies, les médias, les échanges entre cultures et les changements dans les modes de vie font apparaître de nouveaux mots.

Dans le même temps, certaines formules cessent d’être transmises et deviennent progressivement régionales, vieillies ou littéraires.

Cela ne signifie pas que la langue s’appauvrit nécessairement. Elle se transforme : des expressions disparaissent, tandis que d’autres apparaissent et finiront peut-être, elles aussi, par sembler démodées.

Un petit patrimoine familial

« Nom d’une pipe ! », « Coquin de bonsoir ! », « Bon comme le pain » ou encore « Il n’a pas inventé l’eau chaude » : certaines formules anciennes restent reconnaissables, tandis que d’autres ne survivent plus que dans une famille ou une région.

Ces expressions ont une valeur particulière parce qu’elles rappellent souvent la voix d’un parent ou d’un grand-parent. Les noter et les partager permet de conserver une petite partie de cette mémoire orale.

Et vous, quelle expression entendiez-vous souvent chez vos grands-parents et que vous n’entendez presque plus aujourd’hui ?

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