Se plaindre de temps en temps est parfaitement humain. Exprimer une frustration peut même permettre de chercher du soutien ou d'identifier un problème.
Ce qui peut devenir moins bénéfique, c'est de rester durablement enfermé dans les mêmes pensées négatives sans chercher à s'adapter. Les recherches en psychologie s'intéressent notamment à la rumination, à la régulation des émotions et à la flexibilité psychologique.
Voici sept attitudes qui s'inscrivent dans ces travaux.
1- Accepter ce qui ne peut pas être changé immédiatement
L'acceptation ne signifie pas approuver une situation désagréable. Elle consiste plutôt à reconnaître ce qui est présent sans consacrer toute son énergie à lutter mentalement contre l'inévitable.
Les recherches sur la régulation émotionnelle associent notamment l'acceptation à un meilleur bien-être.
2- Éviter de ruminer sans fin une contrariété
Repenser continuellement à une humiliation, une erreur ou une injustice peut entretenir la détresse au lieu de résoudre le problème.
La rumination est l'une des stratégies les plus régulièrement associées aux difficultés émotionnelles et aux symptômes dépressifs.
3- Chercher ce qui peut réellement être modifié
Face à une difficulté, distinguer ce qui dépend de soi de ce qui n'en dépend pas peut favoriser une réponse plus adaptée.
La résolution de problèmes et la réévaluation cognitive font partie des stratégies étudiées en psychologie de la régulation émotionnelle.
4- Revoir son interprétation d'une situation
Un événement désagréable n'a pas toujours une seule interprétation possible.
La réévaluation cognitive consiste à modifier la manière dont on interprète une situation afin d'en changer l'impact émotionnel. Les travaux disponibles l'associent généralement à des indicateurs psychologiques plus favorables que la rumination ou l'évitement.
5- Tolérer certaines émotions désagréables
Une émotion négative n'a pas nécessairement besoin d'être supprimée immédiatement.
La flexibilité psychologique implique notamment de pouvoir rester en contact avec des expériences difficiles tout en continuant à agir en accord avec ses objectifs et ses valeurs. Une vaste méta-analyse a trouvé une association importante entre inflexibilité psychologique et moindre bien-être.
6- Adapter sa réaction au contexte
Il n'existe pas une stratégie émotionnelle parfaite pour toutes les situations.
Une réaction utile dans un contexte peut l'être beaucoup moins dans un autre. Cette capacité à ajuster pensées et comportements aux circonstances fait partie de la notion de flexibilité psychologique étudiée en psychologie.
7- Parler d'un problème sans rester prisonnier de la plainte
Exprimer ses difficultés n'est pas un signe de faiblesse ou de manque d'intelligence. Parler peut notamment permettre d'obtenir du soutien social, lui-même associé au bien-être.
La différence importante se situe donc moins entre « se plaindre » et « ne jamais se plaindre » qu'entre exprimer une difficulté de façon constructive et rester durablement enfermé dans la rumination.