Vêtements sur une chaise, lit défait, papiers qui s’accumulent… Une chambre en désordre est très courante et ne signifie pas automatiquement qu’une personne va mal. Manque de temps, emploi du temps chargé ou simple façon de s’organiser peuvent largement l’expliquer. En psychologie, ce qui mérite davantage d’attention n’est pas le désordre lui-même, mais surtout un changement inhabituel et durable dans les habitudes.
Le désordre n’est pas un diagnostic
Certaines personnes sont naturellement très ordonnées, d’autres beaucoup moins. Il serait donc impossible de déterminer l’état psychologique d’une personne simplement en regardant sa chambre.
Après une semaine chargée, des examens ou une période particulièrement stressante, le rangement peut facilement passer au second plan. La situation devient davantage intéressante lorsqu’une personne qui entretenait auparavant régulièrement son logement cesse soudainement de s’en préoccuper.
Un changement qui peut parfois accompagner un mal-être
La dépression peut notamment provoquer une grande fatigue, une baisse de motivation et une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes. Dans ce contexte, ranger sa chambre, faire la vaisselle ou s’occuper du linge peut sembler beaucoup plus difficile qu’auparavant.
Mais une chambre désordonnée ne suffit évidemment pas à conclure à une dépression. Il faut regarder l’ensemble des signes : tristesse persistante, perte d’intérêt, isolement, troubles du sommeil ou difficultés importantes dans la vie quotidienne.
Quand l’accumulation devient beaucoup plus importante
Il faut également distinguer le désordre ordinaire du trouble d’accumulation. Dans ce dernier cas, la personne éprouve de grandes difficultés à jeter ou à se séparer de certains objets. Leur accumulation peut devenir si importante que certaines pièces ne peuvent plus être utilisées normalement.
On est alors très loin de quelques vêtements laissés sur une chaise. Le désordre pourrait aussi favoriser certaines idées créatives
Le désordre n’est d’ailleurs pas toujours associé à quelque chose de négatif.
Une étude publiée dans Psychological Science en 2013 a montré que, dans certaines expériences, des participants placés dans une pièce désordonnée proposaient des idées jugées plus créatives que ceux installés dans un espace parfaitement rangé.
Cela ne veut toutefois pas dire qu’une personne désordonnée est automatiquement plus créative. L’environnement ne constitue qu’un facteur parmi beaucoup d’autres.
Quand faut-il réellement s’en préoccuper ?
Le principal signal à surveiller reste donc le changement de comportement. Si une personne habituellement organisée laisse soudainement son environnement se dégrader pendant plusieurs semaines, semble épuisée, s’isole ou n’arrive plus à accomplir certaines tâches élémentaires, il peut être utile de chercher à comprendre ce qui se passe.
Une chambre en désordre n’est donc pas forcément inquiétante. Ce qui compte surtout, c’est depuis quand la situation existe, si elle est inhabituelle et si elle s’accompagne d’autres signes de mal-être.